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Le yoga pour enfant, effets de mode ?
Que fait-on avec les enfants? Quels sont les bénéfices de la pratique.

Le yoga pour enfants propose les mêmes outils que celui destiné aux adultes (postures et respiration), mais avec une approche pédagogique différente, adaptée au stade de développement et aux intérêts des enfants.

Petit tour d’horizon de « l’esprit » d’une séance de yoga pour les jeunes…

 

Classiquement, la pratique pour enfants comprend l’apprentissage des postures et l’utilisation de sons, de chants, de jeux, de matériel divers pour travailler sur la respiration. Un temps libre est proposé en fin de séance sous forme de moment d’échanges, de lecture d’un conte, d’atelier créatif,… (Dumont, 1991)

Les postures

La pratique proposée aux jeunes est une technique d’entraînement très dynamiques, destinées à tonifier, fortifier les muscles, développer le corps dans son ensemble et de façon harmonieuse, augmenter l’agilité et la souplesse, travailler l’endurance.
Elles favorisent la prise de conscience du corps et la connaissance (Mace, 1993).

À travers l’apprentissage des âsana, on peut donc voir que sont induits celui d’autres membres de l’astânga yoga : la non violence (ahimsa) dans les yama (conduites relationnelles universelles), mais aussi la discipline (tapas), le contentement (santosha) et la connaissance de soi (svâdhyâya) dans les niyama (lignes de conduites personnelles).

Les postures encouragent les enfants à tenter l’expérience, à faire face à la difficulté, à l’apprivoiser, ils se lancent ainsi dans une recherche pour arriver au but. Cela implique une mobilisation de tout leur potentiel tant physique que psychique et, quand vient la réussite, c’est un véritable tremplin pour eux vers l’expansion et l’audace maîtrisées. Lorsqu’un enfant parvient à effectuer une posture compliquée qui lui a demandé effort et volonté, son visage s’éclaire de joie et de fierté. Il a vaincu… C’est alors qu’il prend confiance en lui, s’enhardit pour l’avenir, encouragé par les résultats obtenus. Il est prêt pour d’autres explorations et conquêtes… (Mace, 1993)

Outre le fait que le yoga permet à l’enfant de développer son attention, sa concentration et sa mémorisation, les enchaînements laissent une certaine initiative pour passer d’une posture à l’autre. Par exemple, pour passer du chien tête en bas au bâton à 4 appuis, les enfants prennent différentes voies quand on ne leur impose pas des cas de figures particuliers. Il ne faut pas craindre de leur demander de rechercher toutes les façons possibles d’y arriver. Cela leur donne le goût et le sens de la curiosité et de l’exploration, qu’ils possèdent déjà en eux spontanément. Cette façon de procéder stimule leur intérêt pour le cours. Une comparaison peut s’en suivre où chacun montre aux autres ce qu’il a choisi… (Mace, 1993)

La respiration

Il n’est bien sûr pas question d’inonder les enfants de toutes les notions respiratoires, mais ils font très vite certaines constatations par eux-mêmes si l’on attire leur attention sur le sujet. Expliquer que tout mouvement du corps allant dans le sens de l’ouverture suscite l’inspiration et que tout mouvement dans le sens de la fermeture facilite l’expiration ne leur pose aucun problème d’assimilation. Ils le comprennent très bien (Mace, 1993).

Le temps libre en fin de séance

Ce moment propose un espace libre où les dons naturels des jeunes peuvent s’épanouir et ce, avec une grande simplicité de moyens (Dumont, 1991). Un des objectifs du temps libre est de traduire le vécu du corps à l’aide de différents moyens d’expression : le langage, le dessin, l’écriture, la lecture. Une autre finalité consiste à mobiliser des aptitudes mentales telles que la mémoire visuelle et auditive, la connaissance du schéma corporel, l’orientation spatiale et parfois la créativité (Moors, 1995).

Voici quelques exemples : les enfants sont amenés à se souvenir du plus long enchaînement de la séance qui vient de se terminer (par exemple, 4 positions). Au sol, les chiffres 1 à 4 sont inscrits l’un à la suite de l’autre. Quatre volontaires se placent chacun dans la position qui correspond au chiffre qui leur est attribué et restent sans bouger pendant qu’un autre enfant trace les flèches indiquant le déroulement de l’enchaînement et son retour. Une variante : certains enfants dessinent l’enchaînement au tableau. Un autre exemple : les postures d’un ou plusieurs enchaînements sont dessinées sur des cartons séparés et mélangés. Les enfants doivent alors retrouver l’ordre de l’enchaînement (Moors, 1995).

La dimension ludique (Dumont, 1991)

apprendre autour de jeux

Le jeu est l’outil privilégié de la pratique du yoga avec les enfants. C’est un moyen appartenant typiquement à l’enfance dont le principal intérêt réside dans sa fonction de passerelle entre le réel et l’inconscient. Par lui se reproduisent les expériences, s’élaborent les stratégies et s’harmonisent les conflits. Il élargit l’accès au monde, permet de découvrir de nouveaux domaines d’actions et d’expressions. Il touche la sensibilité et offre à l’intelligence un champ d’expansion.

Voici une liste non exhaustive de catégories de jeux qui peuvent être utilisés :

  • Jeux de perception avec le nez, les yeux, les oreilles, le toucher, ils stimulent la capacité de discrimination et affinent les sens.
  • Jeux d’observation avec le corps, une posture ayant le nom d’un animal ou d’un minéral pour unir le mental à la réalité présente.
  • Jeux de mémoire avec des comptines, des instruments de musique ou des suites mélodiques ou rythmiques. La rétention numérique est à la base de tout apprentissage.
  • Jeux de mimes avec les yeux, les mains et le cœur. L’expression gestuelle se déploie et transmet la subtilité des émotions.
  • Jeux de réflexion (reconnaître le vrai du faux, trouver la solution pour dépasser l’obstacle,…) pour développer le bon sens du quotidien.
  • Jeux de souffle avec des bulles, des bougies, des ballons, des plumes, des pailles. L’expiration est stimulée.
  • Jeux de massage (le visage, les pieds, les mains,…) qui développent l’intuition et le sentiment d’harmonie.
  • Jeux d’équilibre avec des cubes, des boîtes, des plats,… pour défier la loi de la pesanteur.
  • Jeux de communication (questions-réponses, diffusion d’un message,…) où la circulation de l’information rejoint la joie d’être ensemble.

À ces quelques idées s’ajoutent les inventions de l’enfant, sa participation créative, tout ce qu’il aime partager avec les amis.

Conclusion

Le yoga pour enfants est donc une discipline très riche qui ne se limite pas qu’au plan physique. Le travail postural, le contenu des cours, la communication avec le professeur et le groupe aident les enfants à grandir, mûrir, accéder à l’autonomie et la responsabilité. C’est tout un travail de recherche au cours duquel on va essayer de lui donner l’envie de faire quelque chose de sa vie (Mace, 1993).

Le but du yoga pour enfants est de favoriser, stimuler, développer toutes les richesses latentes de l’enfant. C’est une école de la vie où des êtres en devenir apprennent à se connaître, trouver leur place, devenir autonomes et conscients. C’est une occasion d’apporter une autre dimension à leur évolution et de construire des bases solides pour un bon départ dans la vie (Mace, 1993).

Dans le cours de yoga, les enfants apprennent également à communiquer, s’entraider, partager leurs expériences et prendre confiance en eux. Ainsi, quand un enchaînement commence à être mémorisé, on peut mettre les enfants par deux et leur demander de travailler ensemble. L’un pratique tandis que l’autre observe, corrige, aide si la mémorisation fait défaut, montre éventuellement que telle posture nécessite une correction. Cet exercice donne à l’enfant qui corrige une certaine importance : il joue le rôle de professeur et se sent grandi, utile. Les plus timides finissent toujours par assumer leur rôle. Le travail favorise en même temps l’attention, l’écoute de l’autre et le sens de l’observation qui s’aiguise avec le temps. Chacun sait également que la critique apportée est constructive, il s’agit d’aider sans imposer (Mace, 1993).

Source :
Retrouver l’intégralité du texte écrit par Séverine Radoux – professeur de Yoga